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le camp d'internement 1914-1919
Le camp d’internés 1914-1919

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Témoignage d’Alex G.
gardien du camp
Article mis en ligne le 12 avril 2018
dernière modification le 13 avril 2018

par Monique
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Le Bulletin paroissial de Saint-Philbert-de-Bouaine du 28 novembre 1915, publie une lettre adressée au curé de Saint-Philbert-de-Bouaine (Vendée) par l’un de ses paroissiens, « Alex. G. ». Il s’agit vraisemblablement d’Alexandre Graton (classe 1897), résidant dans cette commune et qui, ayant perdu partiellement la vue a été « classé dans le service auxiliaire ». Il est incorporé au 19ème Régiment d’Infanterie, à Brest, puis affecté au 87ème régiment d’infanterie territoriale, à partir du 18 octobre 1915 [1]

Cher Mr le Curé

Avec 250 camarades, me voici arrivé à l’Île Longue, près de Brest, pour garder 3000 prisonniers. Ceux-ci sont enfermés dans un parc de 400 m. de long sur 150 de large, entouré de deux haies de fils de fer. Dans ce camp il y a plus de 80 cabanes en planches. Ces prisonniers ont : chambre à coucher, cuisine, lavabo, etc. Ils ne se font pas de bile, presque à tout instant du jour on les entend chanter et même jouer de la musique. Le camp est gardé par 14 sentinelles en dehors et 5 en dedans. La discipline est très sévère pour nous, et il nous faut prendre la garde tous les 2 ou 3 jours ; ce qui est dur surtout la nuit, car sur le bord de la mer, il fait très froid. C’est là que l’on peut méditer ou dire son chapelet à son aise dans le silence de la nuit. L’Île que nous habitons se rattache à la presqu’île appelée Crozon, où est l’église, mais d’où nous sommes éloignés de 8 km. Or nous n’avons pas la permission de sortir, par conséquent impossible d’aller à la messe. Cependant hier, j’étais de garde au camp quand à 9 heures je fus relevé, et j’entendis un caporal qui criait : Y a-t-il des calotins qui veulent aller à la messe ? « Voilà, voilà » ai-je dit aussitôt, et plusieurs autres se sont présentés. Alors nous sommes partis une dizaine accompagnés d’un caporal et d’un sergent, mais aussi avec les boches s’il vous plaît. Il faut vous dire que tous les dimanches, un prêtre vient de Brest dire la messe pour eux dans une petite grotte [2]. Ce jour-là, ils étaient au nombre de 200 environ, et ils avaient l’air très fervents, même beaucoup d’entre eux sont allés à la Communion. Que j’ai regretté de n’avoir pu en faire autant ! A notre retour, on a bien reçu des quolibets ; mais peu importe, ça nous touchait pas, et on se sentait heureux d’avoir assisté à une messe.

Recevez, Mr le Curé, mes respectueuses salutations.

Alex. G.

Au camp de l’Ile Longue, la « chapelle »
Katholische Lagerkapelle im Pulvermagazin des Forts
(source / Quelle : Association Île Longue 14-18 / Archives Carl E. SCHILL)
Notes :

[1Archives de Vendée : 4 Num 26 - Bulletin paroissial 1908-1960 - Archives de Vendée : Soldats de Vendée 1914-1918 - vue 333/881

[2La « grotte » est l’ancien magasin à poudre du fort (voir le rapport d’inspection de Edward. M. Pickman du 16 janvier 1915)


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