Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Max Pretzfelder (F)
Article mis en ligne le 24 juin 2012
dernière modification le 25 octobre 2014

par Gérard, Annie
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Depuis l’actualisation de la dernière liste des prisonniers nous en savons plus sur Max Pretzfelder. Il est né le 7 mars 1888 à Nuremberg et était à Paris au moment de la déclaration de guerre. Il a vécu auparavant à Munich, Karlsruhe, Berlin et Florence. Son métier est peintre.
Il sera arrêté 3 jours après que l’Allemagne ait déclaré la guerre à la France. Il arriva à l’Ile Longue par Lanvéoc et devait y rester jusqu’à la fin de la guerre. On peut donc bien comprendre qu’il s’évada du camp fin août 1919 et qu’il essaya de passer en Espagne. En fait, il fut arrêté peu avant la frontière espagnole et condamné à 30 jours de prison à Garaison, un camp d’internement pour les familles dans les Pyrénées. Voici ce que l’on peut lire dans le dossier des prisonniers.

Mais qui était vraiment cet homme et que peut-on trouver sur son origine et sa vie future ? L’internet nous ouvre aujourd’hui cette possibilité.

Pretzfeld est un petit marché en Haute-Franconie, à environ 50 kilomètres de Nuremberg et dont on peut suivre la longue histoire juive à travers les âges. Le nom Preztfelder pourrait y trouver là son origine.

Il semblerait qu’aujourd’hui ce nom ait disparu en Allemagne. La recherche sur internet de personnes portant ce nom donne peu de résultats - moins que les doigts de la main, c’est à dire 3, peut-être aussi 4, dont le prénom est Max.

Le premier « Max Preztfelder » était déjà né en 1866 à Burgkunstadt, était docteur en médecine et a été assassiné à Theresienstadt en 1943.

Le deuxième « Max Pretzfelder » est également né à Burgkunstadt, mais en 1878. Il ne peut pas s’agir de notre homme d’après son histoire relativement bien reconstituée, lui aussi ayant été victime de l’holocauste.

En ce qui concerne le 3ème « Max » on n’apprend pas grand’ chose, sauf que l’on retrouve dans différentes ventes aux enchères des dessins et illustrations datés entre 1910 et 1930, dont quelques dessins de Berlin et Karlsruhe. Un autre « Max »- peut-être est-il le même - se retrouve entre 1925 et 1944 comme décorateur de scène dans différents films (et une fois en tant qu’acteur dans un rôle secondaire) et aussi dans la première version du film « L’opéra de quat’ sous ».

En continuant la recherche nous découvrons un document intéressant (voir le « link »*ci-dessous) : dans un registre de l’Académie des Arts à Munich des années 1884 à 1920 on trouve au 27 octobre 1906 la trace d’un Max Pretzfelder, 18 ans, né à Nuremberg et qui étudie le dessin chez le professeur Peter von Halm. Y est indiquée la profession du père : négociant et la confession : « libre de confession ». L’âge indiqué est l’année de naissance 1888, et pourrait donc correspondre.

S’ensuit un autre document attirant notre curiosité : l’Université de Goethe à Francfort possède dans sa collection « Judaica » un facsimilé du journal « Est et Ouest », mensuel illustré pour l’ensemble de la culture juive des années situées entre 1901et 1923. Dans le numéro 2 (février) de 1912, le jeune artiste peintre « Max Preztfelder » est présenté aux lecteurs dans un article à la page 153/154 où figurent des gravures à l’eau forte. Le texte relate ceci :

« Max Pretzfelder, natif de Nuremberg, demeurant actuellement à Paris pour ses études, se révèle dans ses travaux graphiques comme étant un fin observateur de la nature. Le dessin du moindre petit angle, de la maison la plus simple et du plus petit des arbres est exprimé de telle façon qu’il donne à la gravure une apparence poétique. » Le cercle semble se refermer !

Si l’on considère que le jeune dessinateur et le décorateur de scène sont la même personne, il faut donc poursuivre les recherches. Si l’on consulte la filmographie de « Max Pretzfelder » ceci nous saute aux yeux : tous les films tournés de 1925 à 1933 -dans le premier il est acteur, dans l’autre décorateur - sont sous la mise en scène de Georg Wilhelm Pabst. Nous retrouvons celui-ci également dans le fichier d’internement de l’Île-Longue. Autrichien, de 3 ans son ainé, il était sur le « Nieuw-Amsterdam » et a été relâché du camp d’internement avant Pretzfelder.

Il est plus facile de rechercher la trace de personnes en Amérique qu’en Allemagne. En Amérique il y a beaucoup de fichiers centraux dont les informations sont plus ou moins accessibles.

On retrouve dans le fichier « U.S. Naturalization Record- Original Documents » du 21 décembre 1935, la trace d’un « Max Preztfelder » né le 7 mars 1888 en Allemagne et un deuxième document du 14 février 1941qui confirme sa naturalisation comme étant possible.

Une autre base de recherche est le recensement qui a lieu tous les 10 ans. Et vraiment, on retrouve l’inscription d’un « Max Pretzfelder » de nationalité allemande, célibataire, 52 ans, habitant à 604 Wilshire Street, Santa Monica, Los Angeles, Californie. En fait, il aurait dû être propriétaire d’un magasin de vaisselle. Aujourd’hui, à cet endroit, il y a un immeuble/bureau et à côté un McDonalds.

Il existe un enregistrement de naturalisation « registration card » de 1942 délivrée à un « Max Pretzfelder », né le 7 mars1888, domicilié à Santa Monica, Los Angeles, Californie.

On trouve la trace d’un « Max Pretzfelder » dans le registre des décès « Death Index » de 1940-1977 avec la mention né le 07 mars 1888 « dans un autre pays ». Le nom du père est Pretzfelder, celui de la mère « Lureir » ; il ’agit probablement d’une erreur d’écriture du nom « Lauer », comme retrouvé dans le fichier des prisonniers de L’Ile Longue. Le cercle est refermé.

Halte ! Une nouvelle question se pose. De qui sont en fait les dessins du camp de l’Ile Longue ? Ils sont signés de « l’imprimerie de l’Ile », mais ressemblent fortement aux dessins de Pretzfelder et on on trouve parfois les initiales MP.

Filmographie :

1925 Die feudlose Gasse : The joyless Street (acteur)
1930/31 L’opéra de quat’sous (costumes)
1932 L’Atlantide (costumes)
1932/33 Don Quichotte (costumes)
1933 Du haut en bas (costumes)
1944 Summer Storm (costumes)

Les films tournés de 1925 à 1933 sont sous la mise en scène de Georg Wilhelm Pabst ; celui de 1944 de Douglas Sirk.

Les traces qu’il a laissées au camp de l’Ile Longue sont celles d’un artiste peintre de grand talent. Une de ses œuvres attachante : la belle chouette placée sur la page de couverture de la brochure présentant les activités d’enseignement et de formation du camp.
D’autres traces de sa présence au camp :

Téléchargements Fichier à télécharger :
  • la chouette, symbole du savoir, par Max Pretzfelder, prisonnier
  • 36.7 ko / JPEG
Traité de l'Elysée

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