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le camp d'internement 1914-1919
Le camp d’internés 1914-1919

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Les baraques « Adrian »
Article mis en ligne le 15 janvier 2019

par Gérard
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Localisation des baraques de type « Adrian »

Vers le milieu de l’année 1915, 60 baraquements de « Génie » sont achevés sur l’île Longue. Cependant, il manque encore 20 ou 26 baraques pour atteindre la capacité initialement prévue.

A Paris, en 1915, Louis Adrian [1], alors sous-directeur de la Direction générale de l’intendance militaire du Département de la Guerre, prend la responsabilité de la construction des baraques du Génie. Adrian est un expert polyvalent en armement et en logistique militaire. Il met au point des épaulettes, des lunettes de protection contre les éclats, des bottes pour la tranchée, une cuirasse pour éviter les blessures par baïonnette ou par les barbelés. Son œuvre la plus célèbre reste le développement d’un « capuchon » métallique – le premier casque en acier. Le « Modèle de 1915 » devient le fameux « Casque Adrian », étrenné le 25 septembre 1915 lors de l’offensive champenoise.

Les pièces d’une baraque du système « Adrian »

En 1915, les baraques modulaires et démontables d’Adrian sont introduites pour remplacer les tentes militaires coniques. Adrian a développé et testé ce système de baraque en 1912 pour les éleveurs vénézuéliens. Il n’est pas dans la fonction publique à ce moment-là. La particularité est qu’il s’agit de baraques amovibles, préfabriquées en usine ou en atelier plutôt que sur place. En prévision de la campagne d’hiver, Adrian décentralise la production des baraques et emploie plus de deux cents entreprises pour une production quotidienne de cinquante pièces [2]. Il existe différents types, surtout en ce qui concerne la qualité des matériaux utilisés et de l’équipement, elles peuvent être utilisées en tant qu’écuries ou halles, et peuvent même servir pour des hangars d’avions. Sur l’île Longue, on utilise le modèle le plus simple qui nécessite un revêtement extérieur en feutre de couverture. Contrairement aux baraquements de type « Génie », ces baraquements conviennent à différentes utilisations [3].

Coupe à travers les baraquements, à gauche type « Génie », à droite « Adrian »

Un examen plus attentif du système révèle qu’il est fondamentalement différent du système des baraques du système du « Génie ». On dirait un système de meubles fait maison. Les baraques sont fabriquées exclusivement à partir de planches de dimensions standardisées qui peuvent varier en fonction des ressources du fabricant. Tous les éléments sont fabriqués en atelier ou en usine puis livrés, quel que soit le lieu d’implantation. Ils ne sont montés et vissés qu’à l’endroit souhaité. Un travail que même les profanes peuvent facilement réaliser. Les pièces détachées sont munies d’une étiquette indiquant leur emplacement. Il y a aussi des instructions de montage qui sont même illustrées [4]. Elles contiennent également des informations sur les outils nécessaires et les matériaux supplémentaires nécessaires pour la réalisation de dalles de sol par exemple.

Différence de terrain entre le théâtre et les ateliers

Le revêtement extérieur d’une baraque se compose de 200 pièces de 18 dimensions différentes pour une baraque de 30 m avec portes. La structure porteuse se compose de fermes en treillis, qui sont également constituées de planches et en partie préfabriquées. Sur l’île Longue, les baraquements de type « Génie » ne font que 24 m de long, de sorte que les baraquements de type « Adrian » doivent également être construits sur une longueur de 24 m. Ce n’est pas un gros inconvénient, car le système permet d’agrandir ou de raccourcir les baraquements par sections de 2 mètres. Les 2 m représentent l’entraxe, c’est-à-dire la distance entre les fermes individuelles des treillis. Les deux systèmes de casernes diffèrent également en largeur. Les baraquements de type « Génie » font 5,20 m de large, les baraquements de type « Adrian » font 7,10 m de large au sol et 6,40 m entre les sections verticales des murs. Et il y a aussi des différences de hauteur évidentes : type « Génie » = 3,50 m, type « Adrian » = 4,2 m. Il existe une autre différence au niveau des fenêtres. Avec une dimension de 2,00 m de largeur et de 0,90 m de hauteur, Elles sont nettement plus grandes par rapport au cadre et elles sont plus nombreuses : six fenêtres de chaque côté.

Préparation des fondations
Sélection des panneaux, au premier plan la surface de gravier d’une future dalle de plancher

Les baraques du type « Adrian » peuvent être érigées sur un terrain nivelé et sans fondation sous les fermes en treillis. Il n’y a donc pas besoin d’une dalle de base. Ce type de construction est généralement considéré comme suffisant, surtout pour le casernement de la troupe. Sur l’île Longue, cependant, des tranchées sont creusées et des murs de fondation en pierres sont construits. La baraque est également équipée d’un sol en ciment. On n’en connait pas la raison. Les dimensions peuvent être la conséquence de la pente de la baraque « Adrian », peut-être aussi de l’expérience de l’utilisation de la baraque « Génie » dans les conditions météorologiques de l’Ile Longue. Les matériaux nécessaires – pierres et sable en vrac – sont disponibles à proximité et ne posent pas de problèmes de transport importants. Seuls la chaux et le ciment doivent être apportés de Brest.

Dans la carrière

Dans le camp de l’île Longue, en plus de la zone de 12 baraques, qui est libre au milieu du chantier de construction de la caserne, il y a aussi une zone à l’est pour 14 baraques de type « Génie ». Alternativement, 12 baraques de type « Adrian » sont montées sur cette zone, car elles ont des dimensions différentes. La construction de la première baraque commence à l’automne 1915. Dans un premier temps, des tranchées sont creusées et des fondations en pierre de carrière sont réalisées. Ensuite, la surface du sol est remplie d’une couche de gravier et est compactée. Pour le transport des pierres et du ballast, un chemin de roulement « Decauville » à chariots est utilisé pour transporter le matériau de la carrière derrière les casemates jusqu’au chantier de construction. Les chevaux qui sont stationnés dans le camp sont probablement utilisés. Les portes et les fenêtres déjà installées ainsi que le reste de la structure portante permettent maintenant d’ériger les murs de pignon. Le toit et les panneaux muraux sont ensuite mis en place et fixés.

Chemins de fer de chantier

Pour utiliser une baraque « Adrian » comme baraque d’hébergement, on utilise des lits de camp ou d’autres accessoires supplémentaires pouvant servir de plate-forme. Sur l’île Longue, cependant, il n’y a à aucun mo-ment de tels lits en grand nombre (il y en a probablement quelques-uns à l’infirmerie) et il n’y a pas non plus d’installations semblables dans les baraques « Adrian ». On ne sait pas très bien à quoi les baraques d’Adrian étaient censées servir à l’origine. Quoi qu’il en soit, les baraques « Adrian » de l’île Longue n’ont jamais été utilisées pour l’hébergement habituel des internés.

On suppose qu’en février 1916 [5], huit baraquements de type « Adrian » sont achevés, ainsi que les fondations de quatre autres. Cependant, ils ne sont plus utilisés. Les baraques terminées restent inutilisées à l’exception de la baraque n° 73A. La vaste bibliothèque du camp est autorisée à s’y installer, des conférences y sont données et les premiers concerts y sont donnés. Cette baraque est également utilisée pour le service évangélique dominical.

La baraque de la bibliothèque (à gauche)

Le 23 mai 1916, le sous-intendant militaire de 1ère classe Blaise, de Nantes, envoie un rapport au ministère de la Guerre à Paris. Il se plaint que certaines des troupes de la XIème région militaire sont très mal logées et ont un besoin urgent de meilleurs locaux. Dans le camp de l’île Longue, cependant, il y aurait plus de baraques que nécessaire pour les internés. Plus de 2 000 internés n’y auraient jamais été installés simultanément, et, d’après le préfet maritime de Brest, il n’est plus possible d’utiliser les voies navigables. Cette explication est quelque peu discutable, car à l’époque, la voie navigable est le meilleur moyen de transport pour les grandes quantités. Les camions sont tout juste disponibles pour l’armée et nécessaires de toute urgence derrière le front. Tous les camions privés disponibles seront également utilisés sur la Voie Sacrée entre Bar-le-Duc et Verdun [6]. De l’avis du sous-intendant militaire Blaise, il suffirait de réduire le nombre de baraques sur l’île Longue à un nombre suffisant pour accueillir 1 400 internés. Plus précisément, il est proposé de démanteler 8 baraques « Adrian », 24 Baraques de type « Génie », 5 baraques de cuisine et 5 baraques lavabos [7]. Le 23 juin 1916, il est décidé de démanteler les sept baraques « Adrian » qui n’ont pas été utilisées auparavant. Les internés sont chargés d’effectuer les travaux. Ils vont se mettre au travail. Deux baraquements ont déjà été démantelés, et deux autres ont été préparés en découpant les cartons goudronnés. C’est aussi ce qui est constaté lors de l’inventaire du 16 août 1916 [8].

La scène de théâtre avec le décor d’un spectacle

Entre-temps, la responsabilité du camp a été transférée du ministère de la Guerre au ministère de l’Intérieur, d’où la rédaction d’un inventaire. Par conséquent, les baraquements déjà démantelés ne seront pas enlevés, mais reconstruits. Cependant, sept baraques « Adrian » restent inutilisées, et sont conservées en réserve pour des arrivées éventuelles d’internés.

Le transfert systématique des prisonniers de guerre vers d’autres camps a commencé dès la première moitié de 1916. En juillet 1916, le nombre total de prisonniers passe d’environ 2 000 à seulement 1 200 et tous les prisonniers de guerre sont transférés à Brest ou Quibéron. Les clubs de football se plaignent d’une grave perte de joueurs [9]. La situation changera bientôt. En juillet 1916, le premier groupe important de 160 civils du camp d’Uzès arrive sur la presqu’île. Au mois d’août, 800 internés civils supplémentaires viendront d’Uzès, dont près de 600 le 22 août, et le fameux campement surpeuplé d’une ancienne caserne de cavalerie à Uzès sera fermé. Les internés proviennent de navires capturés en Méditerranée, d’Afrique du Nord et des colonies allemandes du Togo et du Cameroun. Près de 200 des 800 personnes étaient auparavant dans le camp encore plus horrible de Casabianda en Corse. Le nombre total d’internés sur l’île Longue s’élève pour la première fois à plus de 2 100, atteignant un maximum d’environ 2 300 internés en février 1917. Toutes les baraques du type « Génie » sont maintenant occupées. Les sept baraques « Adrian » restent inutilisées.

Spectacle de théâtre avec orchestre

Cela change au printemps 1917 et les internés obtiennent finalement la permission de créer un théâtre dans les baraques « Adrian » n° 75A et n° 76A. Dans la baraque n° 75A, la scène et une fosse d’orchestre sont installées. Le reste est un auditorium pour environ 200 spectateurs. La baraque n° 76A abrite les décors, les meubles et les accessoires. Il y a aussi un atelier de maquillage, de couture, de menuiserie et de peinture. Les baraquements sont reliés entre eux par un système de connexion mobile [10]. Avec les pièces attenantes et le couloir de raccordement, le théâtre a une superficie de près de 320 m². La première représentation a lieu le 15 mars 1917, la dernière représentation aura lieu le 15 juin 1919 ; il n’y a plus alors que 822 internés dans le camp.

L’atelier du cordonnier à baraque 80A

Dans les mois qui suivent, les internés sont autorisés à utiliser d’autres baraques « Adrian » à des fins éduca-tives, culturelles et sportives. Par conséquent, on n’attend plus de nouvelles personnes internées. En mai 1917, la baraque n° 77A est équipée de tables, de chaises et de tableaux noirs pour les conférences et la formation. La baraque n° 78A devient un gymnase. En septembre 1917, l’infirmerie est transférée du fort à la baraque n° 79A [11]. Le dernier grand changement a eu lieu en mai 1918, lorsque la baraque n° 80A, qui sert de music-hall depuis 1917, est transformée en atelier de cordonniers et de tailleurs. L’imprimerie « Insel Druckerei » s’installe également ici. L’utilisation de la baraque n° 74A n’est pas connue.

Au bilan, les baraques « Adrian » sont un coup de chance pour le camp. Les internés sont heureux de ne pas avoir à vivre dans les baraquements en raison de leur faible capacité de chauffage, mais pour d’autres activités, ils sont une opportunité qui n’existe pas dans d’autres camps. Environ 1 100 m² de surface couverte sont disponibles sur l’île Longue. Par chance aucune occupation n’y était prévue.


< Les baraques de type « Génie » | Latrines >


Notes :

[1Chemins de mémoire, http://www.cheminsdememoire.gouv.fr...

[2Chemins de mémoire, http://www.cheminsdememoire.gouv.fr...

[3Ministère de la Guerre, Inspection Générale de l’habillement, du campement et du couchage, baraquement système Adrian

[4Ministère de la Guerre, Inspection Générale de l’habillement, du campement et du couchage, baraquement système Adrian

[5Camp des Prisonniers de l’île Longue : Inventaire des immeubles et meubles appartenant au Génie militaire et existant dans le camp ou ses dépendances à la date du 16 Août 1916, Ar-chives départementales du Finistère

[7RAPORT du Sous-Intendant Militaire de I° Classe BLAISE, Détaché auprès d Général Inspecteur Général du 2° Arrondis-sement à Monsieur le Sous-Secrétaire d’Etat du Ravitaillement et de l’Intendance, Nantes 23. Mai 1916

[8Camp des Prisonniers de l’île Longue : Inventaire des immeubles et meubles appartenant au Génie militaire et existant dans le camp ou ses dépendances à la date du 16 Août 1916, Archives départementales du Finistère

[9 ???

[10Inselwoche

[11Didier


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