Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Le témoignage de August Reiffel
Article mis en ligne le 30 décembre 2013
dernière modification le 10 janvier 2016

par Christophe
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Le récit de 92 pages que l’Alsacien August Reiffel, né dans le Palatinat (bavarois), notaire à Altkirch, consacre à sa déportation et sa captivité dans différents camps français a été déniché à la BNU de Strasbourg (cote MS3783).
Ce récit nous intéresse dans la mesure où son auteur a fait un séjour prolongé à l’île Longue (10 oct. 1915 au 22 févr. 1917). A plusieurs égards ce texte rappelle le récit de Theodor Hommes, autre otage alsacien, à la différence près que A. Reiffel a eu beaucoup moins à souffrir que son compatriote.
Voici un trè bref résumé de ce témoignage.

Arrêté le 19 août 1914 à Altkirch (p. 2), il passe par les dépôts de Belfort, Besançon, Moulins, le château de Kerlois en Hennebont et Carnac (où il loge, partiellement, à l’hôtel) pour finalement arriver à l’Ile Longue. Il confirme que le camp de l’Ile Longue, comparé aux autres camps, offre d’assez bonnes conditions de vie. Avec ses mots : « On ne s’est jamais senti si bien comme dans ce dépôt. Le bon air de la mer, des vues magnifiques sur la mer, des îles et les mouvements des bateaux, un calme absolu, peu de travail. »

Sans apporter de nouveaux détails, il mentionne les services religieux (p. 24), la bibliothèque (p. 25), le sport et l’artisanat (p. 26), la cantine (« fait de brillantes affaires ») (p. 31), le chœur d’hommes (« 120 membres actifs ») (p. 32).

Quelques passages particulièrement intéressants :

· « Noël 15, nous avons tous reçu, de la part de la Croix Rouge, deux petits colis avec de grandes tablettes de chocolat, des saucissons, des confiseries bâloises, des cigares suisses, des calendriers, des bougies de Noël et des branches da sapins. La Commission des otages à Bâle m’a fait parvenir, de temps à autre, des montants d’argent, également un costume et d’autres choses. C’était pareil pour d’autres prisonniers. » (p. 29).

· « Dans les baraques suivantes étaient logés de jeunes et de vieux américains, dont beaucoup de grands seigneurs riches et distingués. L’un d’eux était conseiller juridique à Brême, un autre avait une villa sur un lac en Bavière etc. Lorsque la guerre éclata ils voulaient se rendre en Allemagne, sur un paquebot neutre (hollandais), pour y accomplir leur devoir. Mais ils ont été arrêtés dans la Manche et emprisonnés sur un ancien navire de guerre, où ils allaient d’ailleurs très bien, avant d’être transférés sur notre île. » (p. 30)

Reiffel semble appeler « américains » des allemands qui, pendant un certain temps, ont vécu en Amérique et qui se considèrent comme Allemands.

Concernant les conditions de vie « sur un ancien navire de guerre », à supposer qu’il s’agit du « Charles Martel », on pouvait penser qu’elles étaient plutôt sinistres.

Par ailleurs, August Reiffel se fait l’écho des deux incidents mortels dont nous avions déjà connaissance, grâce à d’autres sources.

· Le cas d’Albert Funke ? « Un prisonnier quitta l’infirmerie (n.d.t. : située en dehors du camp), descendit à la mer, en passant par des rochers, et disparut. » (p. 31)

· L’épisode du prisonnier tué par un officier français, lors de la marche menant les anciens passagers du « Nieuw Amsterdam » depuis le port du Fret vers le fort de Crozon, le 2 sept. 1914 : « Un Autrichien, en provenance d’Amérique, qui n’a pas voulu lâcher sa valise contenant 3000 Dollars a été abattu par un officier français par plusieurs balles de revolver. » (p. 54) (Voir aussi dans la rubrique « captures sur mer », les articles « Nieuw Amsterdam » et « Rapport officiel de la Marine française ».

Il est à remarquer qu’August Reiffel, tout au long de son périple, souvent pénible, à travers la France, ne perd jamais son regard ouvert et curieux sur tout ce qu’il voit (il s’intéresse surtout aux fleurs et à la végétation en général), ni son souci de modération et de justesse dans ses jugements.

Traité de l'Elysée

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