Ile Longue 1914-1919
Ile Longue 1914-1919, le camp de prisonniers

Dieser Internet-Auftritt verfolgt das Ziel, möglichst viele Informationen über das Internierungslager auf der Ile Longue zusammenzustellen, damit Historiker und Nachkommen der Internierten sich ein Bild von den Realitäten dieses bisher wenig bekannten Lagers machen können - nicht zuletzt auch, um die bedeutenden kulturellen Leistungen der Lagerinsassen zu würdigen.

Le but de ce site est de prendre contact avec les familles des prisonniers allemands, autrichiens, hongrois, ottomans, alsaciens-lorrains... qui ont été internés, pendant la Première Guerre mondiale, dans le camp de l’Ile Longue (Finistère).

Au théâtre des opérations ce soir
Article mis en ligne le 26 octobre 2012
dernière modification le 17 novembre 2014

par Michel P
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Fernand, éclatant en sanglots. - Marise, vous partez !... vous partez... Je vous perds !... Je souffre !... Je souffre, Marise, je souffre tant !
Il s’est laissé tomber sur une chaise.
Marie-Louise. - Et l’heure viendra si vite où vous regarderez votre douleur d’aujourd’hui avec surprise, avec les yeux d’un étranger... Mon Fernand, vous qui pleurez, vous rirez ! Oui, vous rirez en songeant que vous vouliez mourir pour la misérable petite créature que je suis !... pour Marise !
Fernand, que les larmes étouffent. - Vous partez ! Vous partez ! C’est déchirant !
Marie-Louise. - Le temps presse !... De grâce...
Fernand. - Ne redoutez rien ! Je jure...
Marie-Louise. - Sur moi ?
Fernand. - Sur vous !
Le bras appuyé sur la table, la tête cachée au creux du bres, il pleure convulsivement.
Marie-Louise, courbée vers lui. - Fernand, mon ami, mon frère...
Elle se penche davantage, l’embrasse et sort.

Rideau.

Ce soir de juin 1919 les prisonniers acteurs du camp de l’Ile Longue viennent de jouer leur dernière pièce, un drame bourgeois de Henry Bernstein (1876/1953) « Le Voleur » écrit en 1906.
Pour la dernière fois, les acteurs saluent le public. Pour la dernière fois, ils tirent leur révérence et pour la dernière fois s’en vont sous les applaudissements d’un public acquis à leur cause.

Entre mars 1917 et juin 1919, durant ces 27 mois, il y eut au moins 32 représentations théâtrales importantes au camp. 32 premières ! En fait bon nombre de pièces du répertoire seront jouées plusieurs fois : « Vieil Heidelberg » de Wilhem Meyer Förster (1868/1966) sera jouée à 2 reprises, en mars 1917 et pour la date anniversaire en mars 1918 ; « La cloche engloutie » de Gerhart Hauptmann (1862/1946) sera jouée au moins à 4 reprises, etc....

Ce qui fait que le nombre de soirées dédiées au théâtre est bien plus important. A la lecture du journal de l’ile « Insel-Woche », il n’est pas de semaine sans représentation théâtrale à certaines périodes. A six reprises au moins, plusieurs pièces en un acte sont représentées la même soirée :
en avril 1917, deux pièces de Ludwig Thoma (1867/1921) : « Chemin de fer local » et « Première classe ».
le samedi 12 mai 1917, trois pièces d’auteurs différents : « Fritzchen » de Hermann Sudermann (1857/1928), « Les jeunes mariés » de B. Björnson (1832/1910) et « L’anniversaire de Charlotte » de Ludwig Thoma.
le samedi 25 août 1917, soirée dédiée à l’auteur Ludwig Thoma : « Chemin de fer local », « L’anniversaire de Charlotte » et « Les Amitiés » .
en mars 1918, deux pièces d’Arthur Schnitzler (1862/1931) « Les Derniers Masques » et « Littérature » ainsi qu’une pièce de Hugo von Hofmannstal (1874/1929)« Le Fou et la Mort ».
en juin 1918 : 2 pièces de Ludwig Thoma « Première classe » et « Medaille ».
enfin en octobre 1918, trois pièces, celle de Schnitzler « La Fête de Bacchus », de Otto Erich Hartleben (1864/1905) « Adieu au régiment » et de Nuitter et Derley« Une tasse de thé ».

Au total, quarante trois pièces différentes répertoriées sont ainsi présentées aux prisonniers.
Il y en eu sans doute plus !
Des pièces également très différentes les unes des autres. Les drames sont joués dans les premiers temps, les trois premières pièces, « Vieil Heidelberg », « Jeunesse » de Max Halbe (1865/1944) et « Fritzchen » sont des pièces dramatiques. Au fil du temps, les comédies, satires, farces et autres facéties dominent largement. Au total, sur les 43 pièces ainsi répertoriées, à peine une dizaine constituent des drames, dont une tragédie « Traumulus » de Arno Holz (1863/1929) et Oskar Jerschke (1861/1928). Les ¾ des autres pièces sont des comédies populaires, divertissantes ou de moeurs, des farces, des satires. Parmi le répertoite, il est à noter un conte mythologique de Gerhart Hauptmann « La cloche engloutie ».

Traité de l'Elysée

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